Culture et Mode

 

Clap de fin pour le 65ème Festival du film de Cannes. La Croisette a connu comme d’habitude l’affluence des grands jours, avec défilé de stars et public au rendez-vous. Entre bousculades au pied des marches et empoignades entre critiques, l’amour s’est frayé un chemin jusqu’à l’écran.

Par Jean-Dominique Dalloz - Photos DR / Abaca - 31 mai 2012

Oui, l’amour était partout cette année à Cannes. Sur la plus haute marche du podium, avec cette Palme d’or donnée au très beau film de Michael Haneke : Amour met en lumière un Jean-Louis Trintignant crépusculaire et une Emmanuelle Riva sublime dans cette belle histoire simple, qui semble faire un peu vaciller la mort. L’amour aussi, comme une pépite indemne au plus profond des deux personnages brisés du film de Jacques Audiard, De rouille et d’os.

L’amour du cinéma aussi, avec Holly

Motors, belle déclaration de Léos Carax au 7ème Art. Le réalisateur maudit des Amants du Pont-Neuf semble renaître à la vie, convoquant pour les dernières minutes de son film Revivre, une chanson magistrale de Gérard Manset. Et si certains esprits chagrins ont tenu à répéter que « c’était mieux l’année dernière », l’apparition rayonnante de Marion Cotillard sur le tapis rouge ou les larmes de bonheur d’Emilie Dequenne après la projection du film A perdre la raison ont tôt fait d’envoyer aux oubliettes tous les regrets.

L’amour a toujours à voir avec l’enfance et Moonrise Kingdom, qui fit l’ouverture du Festival, l’a démontré avec force via la mise en scène inventive de Wes Anderson. Michel Gondry n’est pas en reste avec les lycéens de son The We and the I, filmés dans le décor réaliste de leur bus scolaire. Anecdotes, morceaux de vies, émotions, fulgurances : de notre place au fond du car, nous sommes aux premières loges et ne pouvons que porter un regard attendri sur ces adultes en devenir.

Ken Loach aura finalement été l’un des rares à nous proposer de rire sans arrière-pensées, avec La part des anges. Une histoire de petits délinquants qui ponctuent leurs heures de travail d’intérêt général avec des dégustations de whisky et qui, pour faire bonne mesure, s’embarquent dans une arnaque, espérant une illusoire rédemption par l’alcool. Impossible de ne pas aimer ces personnages cabossés et attachants. L’amour comme antidote aux angoisses du monde, l’amour qui fait pleurer ou rire, telle est la leçon de cinéma de Cannes cette année.

C'était à ne pas manquer

65ème festival de Cannes

Du 16 au 27 mai 2012

De rouille et d'os © Roger Arpajou /Why Not Production

Novembre

De rouille et d'os © Roger Arpajou /Why Not Production

De rouille et d'os © Roger Arpajou /Why Not Production

Holy Motors © Pierre Grise

Moonrise Kingdom © Tobis Film

La part des Anges