Culture et Mode
Il naît vers le milieu du XVIIIème siècle du désir des habitantes du pays d’Arles de s’habiller différemment des autres. Il a inspiré l’un de nos plus célèbres couturiers et enfant du pays, Christian Lacroix.
Par Chantal Sarrazin - Photos José Nicolas - 2 Mai 2012
L’été, elles défilent leurs ombrelles blanches à la main pour protéger leur doux visage des rayons intenses du soleil. Les Arlésiennes sont de toutes les festivités à commencer par la célèbre féria de Nîmes. Leur costume fait rêver les fillettes sur leur passage. Elles ne le savent peut-être pas : il faut avoir quinze ans passés pour porter la coiffe et son ruban. Autrefois, cela signifiait que les jeunes filles étaient en âge de se marier. Aujourd’hui encore, la prise officielle du ruban a lieu le dernier dimanche de juillet, aux Saintes Marie de la Mer. Il est traditionnellement de couleur bleu marine, mais, selon les occasions, s’accordent avec la couleur du jupon.
Le haut du costume se compose d’un corsage noir, appelé « eso », sur lequel est posé un plastron blanc en forme de trapèze et un fichu. Il est richement brodé ou ornementé en tulle, en coton, en organdi, en soie…. La jupe, également dans un tissu soyeux, est réalisée avec des plastrons assemblés. Elle se termine par des fronces à l’arrière et frôle le sol. Elle ne laisse voir que la pointe de la chaussure, généralement, des escarpins noirs. Les accessoires complètent la tenue. Le ruban est tenu par une épingle, sobre ou ouvragé, simple ou double : ces deux épingles d’or rehaussées d’une rose et reliées d’une chaînette s’appelaient « esclavage ». Les boucles d’oreilles,
en or, surmontées d’une pierre blanche sont les plus répandues. Il y a aussi les dormeuses, les fileuses, les camés, les larmes en corail… Indispensable, la fameuse croix en or soutenue par un collier de perle en or ou un ruban de velours. La broche accrochée au corsage représente souvent une cigale. Le sautoir supporte la montre qui se loge dans une petite poche sur le côté droit de l’eso. Enfin, le clavier une autre chaîne à un ou deux rangs est tenue à la ceinture par une bande métallique ou l’arlésienne accroche sa paire de ciseaux ou les clefs de son logis. Chaque détail revêt son importance. Les passants en retiennent l’élégance, la grâce et le port altier de cette silhouette. La Reine d’Arles, élue tous les trois ans, en est l’incarnation.
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