Culture et Mode
"Je ne suis pas graphiste, je ne suis pas illustrateur, je ne suis pas typographe, je ne suis pas affichiste, je ne suis pas photographe, je ne suis pas artiste, je ne suis pas plasticien, je ne suis pas réalisateur, je ne suis pas scénographe, je ne suis pas directeur artistique, je ne suis pas... je ne suis qu’un point de vue"...
Stephan Muntaner
Par Sarah Carrière-Chardon - 19 Juillet 2011
Né à Marseille, il sort diplômé en arts appliqués et part faire sa première expérience professionnelle à Barcelone. Entre 1991 et 1993, avec le souhait de se confronter à la dimension européenne nouvellement acquise, il découvre une autre ville méditerranéenne "sans clivage entre art et industrie. Cette expérience m'a permis de sortir du système français et de cet autre clivage celui-ci entre Paris et la Province. A Barcelone, je dormais et travaillais dans l'agence, j'ai participé à la création d'une entreprise, ne parlant ni espagnol ni catalan, je me suis mis à tout, toujours en freelance."
Milieu des années 90, le retour sur Marseille prend tout d'abord la forme d'une collaboration co-fondant le collectif Tous des K. Il s'y crée toutes les pochettes du groupe I AM, les festivités pour l'an 2000, l'identité graphique de Philippe Découflé, l'Odyssée de la Canebière avec les Jeux mondiaux de la voile...En 2002, il crée sa propre agence C-Ktre, formule explosive s'il en est. Il n'a alors de cesse de poser un autre regard sur l'espace public, intégrant sa dimension éphémère, un travail sur le corps, les mouvements. Dans le Sud, c'est au sein du théâtre du Merlan, de la Chambre
de Commerce et d'Industrie, de la Compagnie de Provence ou encore parmi bien d'autres, le Festival de Jazz des 5 Continents qu'il officie.
C'est par cette volonté de faire tomber les codes, et d'amener sans cesse de nouvelles propositions créatives qui lui valent une extraordinaire fidélité de ses clients. "Un logo sur une affiche, c'est de la paresse intellectuelle, réfléchir à la présence d'un partenaire, d'une marque ou d'un commanditaire va bien au delà de ces tics du métier. Je prends chaque cahier des charges comme un scénario." C'est un "polymaniaque" qui préfère rester dans le culte du "non finito" que dans un style fermé sur lui-même.Au delà de son travail de commande, il développe des projets personnels où il expérimentede nouveaux sujets comme des
collaborations et où Marseille trouve une résonance internationale. Le magazine Loose en est le dernier né. Entouré de sa bande, il rassemble une famille de créateurs, auteurs, graphistes, artistes autour d'un projet d'auto édition en auto dérision, d'une revue/livre d'art aussi éphémère que précieuse "le gratuit le plus cher au monde". Question actualité, outre ses 1001 projets, Stephan Muntaner devrait ouvrir un lieu dans l'année à Marseille, à découvrir prochainement!
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