Food

Aux vacances de février, partez à la découverte du célèbre Berlingot de Carpentras. Les maîtres confiseurs de la ville, ils ne sont plus que deux, perpétuent un savoir-faire artisanal et ancestral.

Par Claire Vincent - Photos José Nicolas - 6 Février 2012

Sous le couvercle de la boîte métallique, des bonbons brillants striés de couleur jaune, rouge, verte, orange… aux parfums de sucrerie. Il y en avait toujours dans le placard à friandises de « mamé » Andrée, lorsque enfants nous passions nos vacances dans sa maison du Luberon. Avec mon frère, nous les choisissions à la couleur ! Vert pour lui, rouge pour moi. Le berlingot de Carpentras est devenu notre madeleine de Proust. Selon la légende, il fût inventé par un maître-queux de Clément V, le premier pape d’Avignon.

Il aurait créé une « issue de table » pour le souverain avec des restes de caramel, agrémentés de menthe et de citron et présentés sous forme de bâtonnets. Clément V s’appelant Bertrand de Goth, le bonbon fut dénommé Berlingot. On retrouve ensuite sa trace à Carpentras où, vers 1840, de nombreux confiseurs utilisent les restes des sirops des fruits confits pour en faire des bonbons. L’utilisation de la berlingotière Letang, pour découper le ruban et de la fameuse boîte en métal pour prolonger sa conservation, donne un formidable coup de pouce aux ventes !

Sous leur impulsion, le berlingot adopte de nouvelles fragrances : fraise, cerise , chocolat… qui s’ajoute aux saveurs classiques d’anis, de menthe, d’orange… Il se prépare en quatre étapes. La cuisson : dans une marmite, le sucre est mélangé à l’extrait qui va donner le parfum. L’étirage : le sucre, encore chaud, est coulé sur une plaque de marbre. On en réserve une partie avec laquelle on forme un ruban blanc qui sera ensuite incorporé à la pâte colorée. Le malaxage : le sucre est torsadé. Le découpage : le boudin est introduit dans une berlingotière qui cisaille la pâte en petits tétraèdres. Une fois refroidi, il est prêt à fondre dans la bouche. On part à sa découverte à la Confiserie du Mont Ventoux durant les vacances d’hiver !

A ne pas manquer

Confiserie du Mont Ventoux

1184 avenue D. Eisenhower

84 200 Carpentras

04 90 63 05 25

www.berlingots.net

Aujourd’hui, seules deux maisons détiennent les secrets de fabrication du lingot sucré : la Confiserie du Mont Ventoux, dirigée par Thierry Vial et, celle de Carpentras sous la houlette de Serge Clavel. Tous deux fils de confiseurs, ils perpétuent la tradition, mais avec deux approches différentes. Le premier travaille le sucre à la main, à la manière des maîtres-queux d’antan. Le second a racheté les machines de l’ancienne confiserie Raquillet qui, remises à neuf, fonctionnent chaque jour !

© Brad Pict - Fotolia.com