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Amoureux des espaces en friche, des lieux négligés par la ville, Stéphane Malka est né et a grandi à Marseille. Une ville qu’il surnomme avec le sourire la petite Havane méditerranéenne.
Par Linda Mestaoui- Photos Stéphane Malka - 14 Octobre 2012
Pour cet architecte né à Belsunce, un quartier mythique du centre ville où la mixité urbaine et sociale est une richesse, Marseille fait partie des lieux qui ont constitué un élément déclencheur. « Tout un axe de mon travail d’architecte se développe autour des lieux en devenir, une architecture n’est jamais réellement finie, c’est inhérent à la culture marseillaise d’amorcer et de finir les choses bien plus tard, allez donc voir la façade arrière de l’hôtel de ville, vous comprendrez ». Stéphane Malka observait, le chantier de l’Alcazar, ancien haut lieu du jazz des années 30 et désormais bibliothèque située sur le Cours Belsunce. Il découvre
ainsi les vestiges romains, rapidement côtoyés par les maisons en carton improvisées par les SDF. Des messages imprimés depuis l’enfance : rien n’est achevé, les objets peuvent être montés les uns sur les autres avec du savoir-faire et de la créativité; on peut ainsi reprendre les matériaux du quotidien et leur donner une nouvelle vie.
Cette spontanéité qu’il affectionne tant en architecture est un acte militant qu’il développe dans ses projets architecturaux mais aussi dans ses installations d’art. Parmi ses souvenirs, La Friche, la Belle de Mai « une de mes plus belles aventures marseillaises, un espace de création dans lequel il était possible de se perdre au gré
de ses déambulations, un lieu qui abritait le magazine Tactic, le studio d’enregistrement d’IAM avant la Cosca, Radio Grenouille … » Et aussi une énorme salle de concert « dans la même veine que celles qu’on retrouve à Berlin », des lieux pour peindre … La friche résonnait justement en étant, à l’époque, un lieu encore à l’abandon avec une énergie colossale , un grand espace de liberté créative. Tout le terreau de la culture Hip-Hop grandissante qui se fédérait et s’organisait à Marseille. Stéphane Malka est le lauréat de la Biennale Internationale de Santorin, prix qu’il vient tout juste de recevoir pour son installation éphémère durant l’été 2012, sur l’île grecque. Une installation hybride dans un habitat troglodyte baptisée Emties(ky).
La matière utilisée ? Les chips en polystyrène (qui protégeaient les œuvres reçues pendant la biennale) auxquelles Stéphane redonne leurs lettres de noblesse. Seconde installation, pendant le festival Burning Man, dans le désert du Nevada ; un refuge composé de tubes en carton recyclés et biseautés qui s’étendent sur 10 mètres de haut pour mieux accueillir le vent et sa musicalité, à la manière d’une flûte de pan.
Stéphane Malka travaille actuellement sur une scénographie urbaine pour Paris. Une expérience visuelle sur fond de musique électronique. Un projet encore secret avec une expérimentation particulière ouverte au public.
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BOOMBOX 2011
NEOSSMANN, Extensions verticales, Paris 2012
EMPTIES(KY), Projet Lauréat de la Biennale Internationale de Santorin, 2012
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Photographie José Nicolas
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