Hôtels et Spas
Le titre est emprunté à l'album du groupe Américain Cocorosie, car la maison d'hôtes de Corinne et Emmanuel pourrait être l'objet d'une chanson, se découvrant comme un songe où, à chaque porte ouverte, on s'émerveille des possibilités de l'imagination.
Par Marine Normand - Photos José Nicolas - 21 Février 2012
Certaines demeures possèdent une âme particulière et assumée, pareilles à celle d'une vieille dame élégante et attachante, avec lesquelles les propriétaires doivent composer. La Petite Nice est définitivement à placer dans cette catégorie, où les vieilles pierres semblent prendre la parole, et vous raconter leurs histoires, et le jardin à l'italienne murmurer (avec l'accent) à vos oreilles les différents visages des saisons écoulées.
C'est donc à Barjols, plus près de Saint Maximin que de Nice, que cette charmante maison d'hôtes s'est installée. Avec son extérieur typique, elle porte sur son visage les traits traditionnels de la maison bourgeoise du sud de la France, véritable billet sans arrêt pour un passé enchanteur. Si on ferme les yeux, on devient rapidement un gentilhomme imaginaire invité dans la demeure du peintre grassois Fragonard, ou bien l'un des héros des livres de Pagnol.
Les habitants des lieux ont en effet repris tous les symboles de la décoration provençale. Sur le lit, des boutis aux couleurs chaudes et sobres, symboles d'un savoir faire typiquement local, vous incitent à un sommeil mérité. Et sur les murs, des lés de papiers-peints aux motifs chargés et aux couleurs éclatantes, comme s'ils avaient traversés les siècles sans subir les affres du temps, donnent un cachet très XIXème siècle aux chambres. Les salles de bain dégagent un parfum rétro, et l'on s'attend à voir un instant au détour d'un miroir le visage et la crinière de lionne de Brigitte Bardot, tout droit sortis d'« Et Dieu Créa la Femme ». Les différents visages qu'a connu la Provence se découvrent au fil des pièces.
Mais non sans une certaine modernité. Corinne et Emmanuel, respectivement sculptrice et peintre se sont en effet amusés avec la tradition. Le papier peint, sauvé d'une mort certaine, ne couvre volontairement qu'une partie des murs, petite touche vintage et de couleur dans une pièce comme la salle à manger. Les carreaux de ciment, source de fraîcheur depuis des siècles, ne fonctionnent plus en équipe mais en patchwork, décalés comme il faut et parsemant de leurs motifs toute la bâtisse.
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Les mélanges sont cohérents et charmants, et vous remontez le temps comme sur une frise, traçant un portrait inoubliable de cette Provence mythique depuis des décennies, se dessinant dans les œuvres des plus grands artistes de Cézanne à Hitchcock.. Et dans vos plus beaux rêves.
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