Nature
Le Mont Ventoux. Un mythe pour tout passionné de vélo. Le « Géant de Provence » est un col de légende, dont l’ascension peut parfois tourner au cauchemar pour le sportif mal préparé. Petit tour de roues en compagnie de « fadas », avant tout à la recherche d’une victoire sur eux-mêmes.
Par Jean-Dominique Dalloz - Photos José Nicolas - 29 juin 2012
Un beau jour de juin, 6 heures du matin. Jean, Lucien et Marc vérifient une dernière fois les réglages de leurs vélos. Quelques en-cas glissés dans la poche de leurs maillots, et les voici prêts à entamer l’ascension du Ventoux. Comme eux, chaque année, des centaines de passionnés de la Petite Reine viennent du monde entier se mesurer avec une légende.
Véritable montagne plantée au beau milieu d’une campagne provençale plutôt plate, le Mont Ventoux culmine à 1912 mètres. L’ombrage des pins qui bordent
les premiers lacets est trompeur : c’est un paysage lunaire d’un blanc éclatant qui attend les téméraires au sommet. Le Ventoux ne fait jamais de cadeaux. Le vent, le froid, la chaleur, l’orage peuvent être au rendez-vous, quel que soit le jour de l’année. Lors des premiers tours de roues, il peut faire 30° à l’ombre des platanes de Malaucène ou de Bédouin, les deux villages qui s’accrochent à ses pieds… et pas plus de 6° en haut, un froid saisissant pour des organismes ayant donné toutes leurs forces au cours d’une montée impressionnante.
Passionné du Ventoux, Christian Pic l’est assurément lui aussi. Président du Club des Cinglés du Mont Ventoux, il anime cette association de cyclotouristes sportifs. « Des obsédés du bicloune, précise-t-il, qui effectuent dans la même journée l’ascension par les trois routes principales : Bédouin, Malaucène et Sault. Nous remettons une carte de route à chaque participant, à charge pour lui de la faire tamponner auprès d’un commerçant ou des offices du tourisme dans les trois villages, et au sommet au restaurant ou au magasin de souvenirs ». Une promenade de santé de près de 140 km, avec 4285 mètres de dénivelé dans les gambettes !
Avec au bout d’un effort intense et soutenu, la récompense d’un panorama éblouissant. Tout autour, une vision dégagée sur le Mont-Blanc, la Méditerranée, les Monts du Vaucluse, les Cévennes, le Luberon, les Alpilles… Dès lors, le souffle court, la sueur qui pique les yeux, les crampes, le doute deviennent bizarrement de bons souvenirs. Même s’ils sont mortels, les fous du Ventoux savent qu’ils ont touché un bout d’éternité en compagnie du Géant de Provence.
A ne pas manquer
Club des Cinglés
du Mont Ventoux
13 rue Châteaubriand
42290 Sorbiers
www.clubcinglesventoux.org
Le Mont Ventoux, Bruno Paul le connaît par cœur. Il habite sur ses flancs, à près de 1500 mètres d’altitude. Employé par la DDE du Vaucluse, Bruno est affecté à l’entretien du long ruban bleu qui serpente jusqu’au sommet : « Cycliste moi-même, je peux vous assurer que je la bichonne, la route ! Il m’arrive de m’arrêter en pleine ascension pour dégager un caillou que je juge gênant pour les autres cyclistes… ». On pourrait parier que le vélo est une passion d’enfance pour Bruno : « Pas du tout, j’ai commencé à quarante ans ! Aujourd’hui, je monte plusieurs dizaines de fois dans l’année, et je mets un point d’honneur à faire l’ascension chaque 1er janvier. Il m’est arrivé une fois de descendre très tôt le matin en vélo jusqu’à Malaucène pour acheter les croissants et les ramener à ma femme avant qu’elle se réveille ».
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