Nature

Au-dessus du village perché de Bonnieux, des cèdres hérissent le sommet aux formes arrondies de la montagne du Luberon. Sous ces longues mèches élancées et bleutées se cache un monde secret.

Par Claire Vincent - Photos José Nicolas - 10 Octobre 2012

L’air est parfumé sous ces arbres majestueux, on chemine sur la route aujourd’hui vidée de tout véhicule à moteur et on est saisi par le calme et la beauté envoûtante du lieu.
Soudain des bruissements d’ailes… de fées peut-être ? Puis des chants mélodieux qui s’élèvent… de sirènes oubliées sans doute, puisqu’il y a très longtemps, la mer venait  jusqu’ici.
Levant les yeux au ciel, on voit alors ces innombrables oiseaux qui peuplent l’une des plus hautes futaies de Provence  : passereaux, mésanges, roitelets et rouges-gorges semblent entamer une danse avec les papillons multicolores qui s’en vont vers les fleurs s’ouvrant sur la journée ensoleillée.

Une ombre immense plane dans le ciel au bleu de plus en plus franc : c’est un rapace. Cette forêt, réserve de biosphère, est habitée, par des oiseaux mais aussi des insectes de toutes sortes, d’énormes fourmis qui se cachent dans les troncs d’arbres coupés, des sauterelles et des cigales.
En regardant plus attentivement les larges troncs vieux de 150 ans, on découvre à leur pied de drôles d’amas de branchages, sans doute agencés par de bien petits hommes, constructeurs malhabiles de cabanes éphémères. Des lutins vivraient-ils ici aussi ? Auraient-ils choisi ce point culminant du massif pour avoir la plus belle vue sur les deux versants du Luberon  ?

Un panneau  indique un chemin caillouteux et étroit. Il plonge sur le versant de la montagne et s’enfonce peu à peu dans une nature sauvage, de buis, de chênes, de lierres, d’églantiers. Des odeurs de thym, de romarin et de chèvrefeuille incitent à suivre ce sentier botanique qui maintenant grimpe au soleil de Provence. Arrivé sur le plateau, on se dit que ce sont les lutins qui nous ont conduit  jusque-là, plantant  leurs petits panneaux indicateurs, car la vue offerte au voyageur curieux est un cadeau de Noël bien avant l’heure : la chaîne des Alpilles et dans le lointain, le reflet des eaux de l’étang de Berre…
En regagnant  l’ancienne route des crêtes ombragée par les cèdres, des rires d’enfants signent le retour à la réalité.

Les cabanes sont en fait habitées par des dizaines de bambins qui courent sous les arbres, traînent de longues branches pour les fixer à un nouveau tronc, et construire insouciants, le plus incroyable repaire de copains, un lieu magique vibrant de leur cris de joie.
Les lieux enchanteurs n’existent pas seulement dans les contes de fées. 

Novembre

La Forêt des Cèdres à Bonnieux
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