« L’amour est un bouquet de violettes. Cueillons, cueillons ces fleurettes », chantait Luis Mariano il y a belle lurette. Pourquoi fredonner cette vieille roucoulade ? Parce qu’elle est de saison pardi ! Depuis quelques semaines, la viola odorata est en effet de sortie, égayant nos tristes jardins d’hiver jusqu’au retour du printemps. Ne vous fiez pas à son apparence délicate que l’on associe, dans le langage des fleurs, à la timidité, la modestie, la pudeur. Ce symbole de l’amour secret a, en réalité, un caractère bien trempé. Certains la prétendent
Fleur hivernale, la violette a bien des vertus. Elle soigne, parfume et… régale. Des propriétés qui font le bonheur d’un petit village de la Côte d’Azur : Tourrettes-sur-Loup. Quelques familles d’horticulteurs y perpétuent, en effet, une culture vieille de 150 ans.
Par Jerôme Dumur - Photos Richard de Romenville - 23 Décembre 2011
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même aphrodisiaque. Si ce pouvoir sur notre libido reste à démontrer, il est acquis en revanche que la violette a des effets affirmés sur l’organisme. Dans l’Antiquité, déjà, les Grecs en tiraient pommades et tisanes. Les Romains, eux, en tressaient des couronnes censées agir sur les migraines dues à des excès de vin. Deux mille ans plus tard, la vérité est faite : cette médecine-là n’a jamais soigné la moindre gueule de bois ! Pour autant, la pharmacopée moderne n’a pas tout à fait renoncé à “l’herbe de la Trinité”. Les homéopathes la recommandent
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notamment pour calmer la toux, l’eczéma ou les rhumatismes. Mais gare, cependant, à ne pas jouer à l’apprenti sorcier car la violine, l’un des composés actifs de la plante, peut, à forte dose, s’avérer néfaste pour la santé. Au-delà de ses vertus curatives, la violette apporte également quelque chose d’essentiel à tout homo sapiens : le plaisir. Un plaisir qui passe par les sens. L’œil bien sûr. L’odorat, également. Dior, Saint-Laurent, Mugler et bien d’autres l’ont un jour glissée dans un de leurs jus. Ironie de l’histoire : l’un des composants aromatiques de la violette fraîche a un pouvoir anesthésiant sur les nerfs olfactifs ! La viola odora flatte enfin le goût. Nature, cette fleur comestible ajoute un grain de fantaisie à une épaule
d’agneau, un poisson, une salade de fruits ou un plat de pâtes. Elle s’apprécie aussi comme bonbon après qu’on l’a cristallisée dans le sucre. Connu depuis le Moyen-âge, ce procédé a longtemps fait le bonheur de Toulouse, la Cité des Violettes. Mais aujourd’hui, il assure plus sûrement la renommée d’une petite commune azuréenne : Tourrettes-sur-Loup. Proche de Vence, surplombant les Gorges du Loup, ce beau village médiéval cultive la violette Victoria depuis plus d’un siècle. L’essentiel de la production nourrit les alambics des parfumeurs grassois. Mais que les gourmands se rassurent : une partie de la récolte fait encore le bonheur des confiseurs et de leur clientèle..
Les 25 et 26 février 2012, Tourrettes-sur-Loup organisera sa soixantième Fête de la Violette. danses et musiques folkloriques, dégustations gourmandes, corso fleuri et, pour finir, la traditionnelle Bataille des Fleurs.
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